𝐋'𝐈𝐀 𝐚𝐮 𝐜𝐨𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝟑𝐞̀ 𝐒𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐮 𝐍𝐮𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐌𝐚𝐥𝐢
Placée sous le thème « e-gouvernement à l’ère de l’intelligence artificielle : opportunités et défis pour la culture », cette édition, qui se déroule jusqu’au 31 janvier 2026, réaffirme l’ambition du Mali et des pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES) de faire du numérique un levier stratégique de souveraineté, de modernisation de l’administration publique et de valorisation du patrimoine culturel. Le Burkina Faso et le Niger sont les pays invités d’honneur de cette édition à forte portée régionale.
A l’ouverture de la cérémonie, le parrain de l’édition, Mamou DAFFE, Ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a souligné que « l’intelligence artificielle peut contribuer à la valorisation de notre patrimoine et à l’innovation créative, à condition qu’elle respecte nos valeurs et notre souveraineté culturelle ».
Prenant la parole, Dr Aminata ZERBO/SABANE a exprimé, au nom de la délégation burkinabè, sa gratitude aux autorités maliennes pour l’invitation. Elle a salué une initiative qui, selon elle, illustre la vision commune des pays du Sahel en matière de numérique. « Le numérique est aujourd’hui un instrument de souveraineté, un outil de continuité de l’Etat, un accélérateur d’inclusion et un espace stratégique où se joue notre capacité collective à décider par nous-mêmes », a-t-elle affirmé, en insistant sur le fait que la reconquête de la souveraineté passe aussi, et surtout, par le numérique.
La ministre a aussi souligné l’importance de maîtriser les infrastructures, les plateformes et les données, condition essentielle de la sécurité et de la stabilité des Etats. Evoquant le thème de l’édition, elle a soulevé plusieurs interrogations . « Où sont hébergées nos données ? Qui entraîne les modèles et sur quelles bases et avec quelles protections ? Comment préserver nos langues, nos références, notre patrimoine et nos droits d'auteur ? » a interrogé Dr Aminata ZERBO/SABANE et d’affirmer que si l’IA offre des perspectives prometteuses dans la numérisation des archives, la valorisation culturelle et la diffusion des contenus éducatifs, elle comporte également des risques qui appellent à un encadrement rigoureux et à une coopération régionale renforcée.
Dr Aminata ZERBO/SABANE a rappelé la ligne directrice du Burkina Faso en matière d’intelligence artificielle, telle que définie par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORE : « l’IA ne doit pas remplacer l’humain, elle doit être au service de l’humain et notre IA doit nous ressembler ». Elle a également lancé un appel à des actions concrètes en faveur de la jeunesse de l’AES, qui aspire à l’accès à la connectivité, aux compétences et à la confiance pour innover sur son propre territoire tout en rappelant que différentes initiatives ont déjà été entreprises au Burkina Faso dans ce sens.
Avant de clore son intervention, la ministre a réaffirmé la solidarité du Burkina Faso avec le Mali et le Niger, réitérant la volonté commune d’avancer unis pour relever les défis du numérique au service du développement et du bien-être des populations.
Abordant dans le même sens, le Ministre malien de l’Economie numérique, Alhamdou Ag ILYENE, a souligné l’importance de faire de la transformation digitale un levier stratégique du développement national et régional, à travers des services publics numériques accessibles et inclusifs. Il a également mis en exergue la nécessité d’une coopération renforcée avec le Burkina Faso et le Niger pour bâtir un numérique souverain. Une vision que partage également le ministre nigérien en charge du Numérique, Adji Ali SALATOU.
A noter qu’au cours de la cérémonie, une application de réseau social basée sur l’intelligence artificielle, dédiée à la traduction instantanée des langues locales de l’AES, a été officiellement présentée, illustrant concrètement le potentiel de l’innovation numérique au service de l’intégration régionale.
DCRP/MTDPCE








